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Qui nous rend sérieux…

Je vous épargnerais le discours affligeant et affligée ( et malheureusement pas Affligen!) de la fille qui vient de redécouvrir ce que veut dire courir après le temps et qui se trouve mille excuses pour ne pas faire ce qu’elle doit/veut faire à savoir, se poser devant son écran et écrire.

J’aurai pu continuer longtemps à hiberner mais une jolie demoiselle m’a lancé un défi que je vais essayer de relever ( du moins à moitié, voir à 2/7 ème). Les règles sont simples et par conséquent je crois que je ne vais les respecter ( on ne se refait pas dans la vie) mais je vous les copie colle quand même

1 – Vous devez publier les règles > jusque là je suis dans les clous

2 – Chaque personne doit écrire 11 choses à propos d’elle > Je vais m’y atteler sans faillir
3 – Répondre aux 11 questions puis créer 11 nouvelles questions pour les personnes taguées > Répondre ok… reposer… je réfléchi
4 – Vous devez choisir 11 personnes et mettre un lien de leurs blogs sur votre post > Ca va prendre du temps ça… j’ai pas 11 personnes de mon entourage à avoir un blog moi!
5 – Rendez-vous sur leurs blogs afin de leur dire qu’ils ou elles ont été tagué(e)s  > faut déjà que je trouve des individus avec blog boudiou!
6 – Ne faites aucun tag sans les prévenir > Suis civilisée moi tout de même
7 – Vous devez obligatoirement taguer 11 personnes > Je crois avoir déjà expliqué que j’allais avoir du mal mais je m’en vais faire de mon mieux.
 
Donc commençons par le commencement: 11 choses à propos de moi
1) Je suis une soleil addict. J’aime pas l’hiver, j’aime pas la pluie, j’aime pas le froid. Je retrouve des couleurs quand il fait minimum 25° et que je resors mes lunettes de soleil.
2) Je suis une ex végétarienne qui désormais prend un réel plaisir à replanter ses dents dans un bon burger ( bien cuit tout de même, j’en suis pas encore au tartare) Je pourrais pas me passer de pain, de chocolat, de thé, de maki et de fromage.
3) Si un jour on fait un film sur ma vie, je veux que ce soit Morgan Freeman qui interprète mon rôle parce que ce géant du cinéma sait tout faire et que je suis sure qu’il parviendrai sans problème à être crédible.
4) Je suis chauvine jusqu’au bout des ongles. Rien ne m’émeut plus que la Marseillaise qui retentit avec un français sur un podium. Je peux suivre n’importe quel sport si il y a une chance de médaille à la clé.
5) J’adore voyager mais je déteste les départs. Ca me met dans des états de stress pas possible et je prie limite pour une annulation de dernière minute.
6) Je ne suis jamais aussi sereine qu’avec une paire de ski au pied, un ciel limpide et de la musique à fond sur les oreilles
7) j’adore apprendre des mots dans le dictionnaire
8) Pendant un court moment de mon existence j’ai été amoureuse de Glen Meideros, de Nicolas Anelka, de Kevin Costner et de Mac Giver ( heureusement pas en simultané)
9) Je deteste qu’on me bloque les pieds la nuit quand je dors. ca peut même me rendre hargneuse
10) Je ne crois pas à la théorie du Carbone 14. Pour moi y a pas de preuve tangible qu’une pierrre évolue, se dégrade de façon rectiligne. Je dis pas que c’est pas vrai, je dis que c’est peut être pas exacte ( et je crois pas non plus à tous les récits sur les hommes préhistoriques. bref… suis une sceptique du passé sans écrit)
11) Je peux pas m’endormir si j’ai pas lu au moins 3 pages d’un livre ( même à 3h du matin). Je dirai même que j’ai pas le droit de me coucher si j’ai pas lu!
Maintenant je réponds aux 11 questions auxquelles j’ai été sommée :
  1. Un dîner avec une célébrité vivante: tu emmènes qui? Oh punaise… Ca démarre mal. Si je dis Morgan Freeman ça fait un peu redite non? J’ai le droit à un interprète? Si oui je prends Carlos luis Zafon pour qu’il m’explique où se trouve le cimetière des livres et qu’il m’entraine dans son univers. Sinon Jean Bellorini. Retenez bien ce nom c’est le meilleur metteur en scène qui existe à l’heure actuelle. Un génie du théâtre. Peut être pas encore une célébrité au sens premier du terme mais ça va très rapidement venir
  2. Ton juron préféré? Punaise quand j’ai décidé de ne pas être vulgaire. Putain de Bordel de Merde quand j’ai un peu les nerfs qui lâchent.
  3. Quelle est ta devise dans la vie? “Après chaque mercredi se trouve un jeudi”. Variante personnelle de ” Après la pluie le beau temps” en sachant que je mettrai un bémol à cette phrase parce que je n’aime pas le côté passif de la chose. Je suis de plus en plus dans le ” Commence à avancer, on te prendra peut être en stop plus loin”
  4. Si tu ne faisais pas ce métier, tu aurais été..? Sans tenir compte de mes capacités intellectuelles et si je pouvais tout reprendre à la base? Journaliste sportif :) voir même Pédiatre.
  5. Douche ou bain? Ouh là… bain ! Je n’aurai pas une petite voix essayant de me ramener à une certaine conscience écologique je passerai ma vie dans l’eau chaude avec un fond de musique et une thé bien chaud.
  6. La destination de tes rêves? L’Asie. je rêve de Vietnam en ce moment
  7. Quel est le contenu de ton sac à main ? Un sacré bordel. un agenda, un téléphone, un chargeur, un kit de survie médical, des papiers à ranger, un mini hochet qui grelotte quand je marche, un ipod rose, des clés, des tickets de métro usagés, un gilet taille 6 mois, une enveloppe à poster, un carnet pour écrire, un stylo qui fonctionne pas, mon texte de théâtre, 1Q84 que j’arrive pas à finir, un tupperware, un mug isotherme ( tu m’étonnes que j’ai mal au dos punaise! )
  8. Est-ce que tu as un porte-bonheur? un non. Plusieurs oui. A mon porte clé, sur mon bureau, dans mes tiroirs, autour de mon doigt, de mon poignet, de mon cou…
  9. Quel est ton plus lointain souvenir? Des vacances dans un petit village pyrénéens. Une boule de poil qui tient dans une cage pour oiseau…
  10. Quelle est ta pire gaffe? Allez la petite dernière en date qui est pas ma plus grosse mais celle qui me vient… avoir conseillé à une de mes nouvelles collègues ( que je connais depuis moins de 10j) qui était stressée par des soucis personnels d’aller se détendre au club de tir de la ville. Sauf que ça a donné un ” Franchement va là bas, tire un coup ça ira mieux” … bref :)
  11. Quand tu es triste, qu’est-ce qui t’apporte du réconfort? Un peu de musique triste ( oui rien n’est paradoxale), savoir que les gens que j’aime sont là, ma capacité à tourner les choses en dérision, ma faculté à nettoyer le tout par une bonne crise de larme et ma devise du ” mercredi qui se fera détroner par un jeudi triomphant”
Je préviens la personne que je vais tagger que je vais le faire… et j’en profite pour réfléchir aux questions…
Mission en partie accomplie mademoiselle

Les yeux de sa mère

En règle générale, j’aime bien patienter un peu avant de faire une critique de film. Le temps que ça décante et que j’arrive à faire le tri dans ce que j’ai: compris, ressenti, aimé, detesté…

Il y en a bien sur qui échappe à la règle. Des, où peu importe les heures que je vais y consacrer, pour qui  mon avis restera le même. Ca m’est arrivé dernièrement à la suite du visionnage des 15 premières minutes ( oui j’avoue je n’ai pas été plus loin ) de Halal Police d’Etat ( je sais, je sais, de base l’idée de regarder ce film n’était pas judicieux!). Aucun besoin de me retourner le cerveau, mon avis a été quasi immédiat : ” Tu m’excuses mais je ne crois que je vais pas regarder jusqu’au bout, même avec tout l’alcool la bonne volonté du monde je ne vais pas y arriver”.

Pour les films qui me scotchent au fond de mon siège c’est un peu différent. Je peux en parler de suite. Ecrire dessus c’est bien plus compliqué parce qu’il y a trop de “pfff” de ” outch” de blancs, de mots, de phrases décousues et de silences impossible à combler. Ce qui m’émeut n’accepte que rarement les commentaires à chaud. Manque de construction viscérale.

Alors pourquoi venir poser mes sensations alors que le générique de ” Les yeux de sa mère” défile encore sur mon écran. Peut être parce que je sais que dans une semaine le verdict sera le même: je suis incapable de savoir si j’ai aimé ou pas ce film. Je ne suis pas certaine de pouvoir le résumer en lui rendant justice.
C’est l’histoire d’un journaliste/écrivain qui écrit sous un pseudonyme des livres choc sur des personnalités en vue en s’immisçant, sous couverture, dans leur vie.  Sa dernière cible en date: Léna Weber présentatrice du 20h. 10 ans plus tôt il a connu sa fille Maria, qui n’a pas presque plus de relation avec sa mère, dont le père vient de mourir et qui cherche désespérément à retrouver son fils qu’elle a abandonné 20 ans plus tôt. Mathieu ( le “héros de l’histoire”) travaille donc d’un coté pour la mère et re-rentre dans la vie de la fille sans qu’aucune d’elle ne sache qu’il connait l’autre ( ça va, vous êtes toujours là?). Quand le fils perdu entre dans le décor tout devient très compliqué.

Rien qu’à résumer je me rends compte de ce qui fait gravement défaut à ce long métrage qui pourtant partait bien. Trop alambiqué. Trop d’histoires évoquées mais pas appronfondies. Trop de clichés et de sentiments exacerbés.

Et pourtant il y a du bon, du très bon même.

Le casting d’abord : Catherine Deneuve dans le rôle de la femme qui a sacrifié à son métier sa vie de mère est plus que juste. Geraldine Pailhas époustoufflante tant dans les scènes de danse qu’en tant que mère et fille blessée. Nicolas Duvauchelle ( allez je l’avoue depuis Braquo j’ai tendance à visionner les films dans lesquels il joue. je vous parlerai peut être un jour d’Happy Few) en type blessé, arriviste, carnasier et super fragile est aussi attachant que stressant mais toujours parfaitement juste. Marina Fois, Jean-Marc Barre et Jean-Baptiste Lafarge  moins présents à l’écran ne sont pas en reste.

L’ambiance ensuite: Tantôt intimiste, tantôt thriller. On passe de l’un à l’autre avec un naturel déconcertant sans qu’on s’y perde.

Dommage donc que le scénario à se vouloir “trop”, perde de sa crédibilité et de ses nuances. La fin m’a laissé un gout de ” mouais” ( oui je sais c’est pas vraiment très explicite ni élaborée comme explication mais je n’ai pas trouvé mieux) qui ne rend pas justice à la volonté de départ.

Les yeux de sa mère de Thierry Kifla : bande annonce

Ce petit outil a révolutionné ma vie.

Sincèrement, il y a des fois où je ne me souviens plus comment on faisait avant, dans ces temps ancestraux où ça n’existait pas. Quand il ne suffisait pas d’un clic pour envoyer un message, obtenir une info, exprimer ses déboires.

Je suis devenue accro, très rapidement. A la limite de la nocivité parfois… et ça ne va pas en s’arrangeant depuis que mon téléphone me permet de conserver ce lien avec la blogosphère où que j’aille ( on ne sait jamais dîtes moi, des fois que je rate un mail pendant le temps où je suis allée chercher le pain! On ne pense jamais assez au pouvoir maléfique des boulangers) Alors de temps en temps je tente des cures de desintox.

Je range mon smartphone, j’éteins l’ordi et je me balade libre comme l’air. Bon j’avoue c’est beaucooooup plus simple en vacances que dans la routine grisâtre parisienne.

Mais je vous raconte pas la joie quand je rebranche tout ça, quand je vois la petite enveloppe m’indiquant que j’ai un mail clignoter en bas de l’écran. Une vrai gamine devant un magasin de jouets. Pour un peu j’adorerai presque les spams de me donner aussi de leurs nouvelles: des annonces de jobs par centaine ( à se demander ce que j’ai bien plus glandouiller pour rester aussi longtemps au chômage), des collections de fringues à n’en plus pouvoir (heureusement que je ne suis pas non plus totalement fashion victime faut savoir choisir ses addictions), des tas de gens aux noms étranges comme Cindy, Candice et autre Angelina qui veulent devenir mon amie et me proposer des trucs bizarres en anglais que je comprends pas toujours… et au milieu de tout ça les gens, les vrais, ceux que j’aime qui sont passés juste dire bonjour… Ca réconcilierait  avec le fait de poser ses valises et ça compenserait presque le vide de plus en plus fréquent de ma boîte aux lettres… Je tiens à souligner le presque parce que de temps en temps certaines personnes prennent le temps de poster  une petite carte et ça vaut tous les mails du monde. J’en ai récupéré une venue de l’autre bout de la terre l’autre jour et ça m’a fait un shoot de bonheur pour le we ( Avouez que c’est tout de même beaucoup moins cher que la cocaïne tout ça!)

Mais bref passons… le but de cet article n’était pas entièrement de vous compter ma passion pour les mails ( d’ailleurs si l’envie vous en prend vous pouvez vous lâcher ici ) mais plutôt de vous dresser une petite liste des sites où, quand je me balade dans ce grand univers sans frontière, j’aime bien  passer histoire de me ressourcer. ( en plus vous allez voir que vous me remercierez de ces supers adresses que je vous donne).

On commence par trois ( faut JAMAIS abuser des bonnes choses, enfin si parfois… mais pas tout le temps) sur le thème ” aujourd’hui je me fais plaisir” (Promis le contenu est visible par tous )

1) Le Verger de Prune et Pomme : Un petit lieu bien sympathique ma foi. Qui m’a été recommandé par une copine du web et c’est exactement ce que c’est: Une adresse que l’on se refile entre amiEs. Parce que c’est rose, girly, plein de bons conseils et d’humour. Parce qu’on a envie d’y fureter même les jours où on est malade, en pyjama avec le nez qui coule ( bon en vrai moi je suis toujours super sexy mais je me mets à la place du commun des mortels). Parce qu’on s’y sent bien et que mine de rien ça emporte des réponses à des questions quasi existentielles. Alors non ça aide pas à débattre dans les grands diners protocolaires de galas à l’Elysées mais perso j’y vais jamais. Par contre en cas d’invitation à ce genre de soirée, en amont, le site de Prune et Pomme offre toutes les astuces pour être au top le jour J. Un peu de futilité que diable! Surtout quand c’est bien écrit.

2) Margaux Mottin. Je crois avoir rarement autant ri qu’à la lecture de ” j’aurai adoré être ethnologue”. Avec cette sensation étrange de se retrouver dans chaque page. Margaux c’est un peu moi, ( version grande je sais dessiner). Le blog, certes pas toujours mis à jour en fonction des échéances boulot de la demoiselle, reflète bien l’esprit des livres. C’est drôle, incisif… et ça fait du bien.

3) Et je finis par celui qui me tient le plus à coeur parce que c’est un bout de moi aussi : ourcoffee.fr mon petit café littéraire rendu possible virtuellement par ma copine MAYA qui a réussi à mettre un support sur des envies de lieux de création. En dehors de mon attachement de base il y a la pluralité des textes qui s’y trouvent. Les différences de styles, les différences de genre. Il y a surtout des petits bijoux de mots, d’imagination. La preuve que l’on peut rendre certains rêves réels. Quand le manque d’inspiration me guette la peur de voir un jour cet endroit disparaître suffit parfois à générer des idées… c’est étrange le pouvoir de cet URL. Si un jour vous avez l’occasion d’y aller pour une envie d’écrire ou de lire, ça vaut franchement le détour.

Hier soir fut une rude soirée.

Pourtant tout avait bien commencé. Je ne m’étais pas perdue pour me rendre là où on m’attendait. La compagnie était plus qu’agréable, le martini bien frais, les makis commandés, l’ambiance à la bonne nouvelle. Pour un samedi soir en version célibataire sans enfant ça partait sacrément bien.

Certainement pour cela que je n’ai pas senti le coup venir. Celui qui gentiment vous fait comprendre que vous êtes has been. Dépassée. Que vous vivez dans un monde parrallèle qui n’a rien à voir avec celui où vivent les vrais gens. Les autres qui regardent la télé, écoutent la radio, bref évoluent avec leur génération.

Le temps d’attendre une petite retardataire et le livreur japonais il fut convenu d’un commun accord ( je pense même avoir dit ” tiens oui, ça peut être marrant ça”) de regarder le début des NRJ Music Award. Et là… ce fut le drame. Qui aurait pensé que Nikos puisse avoir un tel impact sur mon état d’esprit?

Tout à commencé quand sur l’écran est apparu une demoiselle qui de toute évidence avait oublié de se vêtir. Ou du moins dont le styliste avait complètement zappé de mettre du tissus sur sa robe. Toute souriante et les seins à l’air elle est sortie sous les acclamations d’une foule en délire alors que passait dans ma tête une petite phrase qui n’allait pas me quitter de sitôt à savoir ” Mais qui est donc cette personne?”

TF1 ayant ses limites ( généralement l’intervalles très court qui sépare deux pages de pubs) le programme fut vite remplacé par un film hautement intellectuel ( un petit film d’art et d’essai arménien… bon d’accord  c’est pas vrai! Ne comptez pas sur moi par contre pour allez au bout de la confession! Que je sois transformée en carpe brillante au soleil si j’avoue :) ) mais la flèche plantée le poison a tout de même fait son chemin.

Je suis vieille. Je pense encore que ” A vos actes manqués” est une chanson de Goldman et non de Matt Pokora. J’ignore ce qui fait danser le djeun’s sur le dance Floor. Je n’ai même pas réussi à ressentir un quelconque frisson devant Justin Bieber. Par contre oui je me souvenais parfaitement que Lorie avait été avec Billy Crawford!

Comme toute prise de conscience doit déboucher sur des grandes mesures, j’ai décidé de changer la fréquence du réveil. Exit France Info et bienvenu NRJ.

J’ai tenu… 14 minutes ( mais entre temps je suis allée prendre une douche) avant de mettre Nostalgie qui m’a soigné direct d’un petit Bob Marley. Tant pis je resterai inculte de la nouvelle vague.

Oui dans quelques années je suis même certaine que je dirai à ma fille que ce qu’elle écoute ce n’est pas de la musique!

J’assume ma réactitude!

En plus je viens de découvrir que la jolie dénudée d’hier soir qui se pavane sous le nom de Shy’m s’appelle en vrai Tamara Marthe et depuis ça va beaucoup mieux.

PS: Petite dédicace à Guillaume ici

Incendies

A la base de cette pièce de théâtre il y a ” Le sang des promesses “une tétralogie écrite par Wajdi Mouawad sur les liens de l’héritage.

“Incendies” en est le deuxième volet. Je l’ai ouvert sans avoir lu le premier et pour l’instant refermé sans avoir prévu dans un futur proche de lire les suivants. Vous allez rapidement comprendre pourquoi.

Il est certes étrange de ne pas commencer par le début quand on se lance dans une “série” mais, pour ma défense, je n’avais pas cette donnée quand je suis allée l’acheter à la Fnac ( je me sens toute orpheline depuis que ma librairie a fermé!). Je me le suis procurée sur conseils de mes amis théâtreux qui avaient omis cette histoire de chronologie. Cependant je me refuse à leur en vouloir pour ça,  l’histoire étant indépendante et se suffisant largement à elle même. Et puis des griefs pour m’avoir mis face à ce texte j’en ai assez pour ne pas en rajouter.

“Incendies” est une des plus grandes claques que j’ai prise. J’ai eu du mal à le reposer. Encore plus de difficultés à tourner les pages. La violence est distilléee minutieusement, attend bien tapie au détour des chapitres.

Vous résumer l’histoire ne servirait qu’à peu de choses mais je vais tenter quand même. A la mort de leur mère, Simon et Jeanne découvre un pan de son passé qu’ils ignoraient. Dans son testament elle leur assigne à chacun une mission. A Jeanne celle de retrouver leur père qu’ils croyaient mort. A Simon celle de retrouver leur frère dont ils ne connaissaient pas l’existence. Après hésitations, refus, tentative de détourner les dernières volonté de Nawal ils finissent par partir dans un pays sans nom qui pourrait être le Liban. Sur un territoire plein de cicatrices de guerres fratricides.

Mais plus que la trame  ce sont les sensations qui se dégagent des mots de l’auteur. On ressent avec les personnages le poids des non dits, de la honte, des paroles et encore plus du silence. C’est excessivement bien écrit. Particulièrement juste dans les propos mais tellement douloureux. On plonge viscères les premières dans cet univers fait de combats, de trahisons et de passions.

Les mots “famille” et “amour” prennent ici une dimension que peu de personne ont osé leur donner.

” Il y a le bonheur d’être ensemble”  répête inlassablement Wajdi Mouawad au travers de ses différents personnages, et devant les déchirures qu’ils subisent j’ai eu du mal à l’admettre.

” il y a le bonheur d’être ensemble” répète inlassablement Wajdi Mouawad au travers de ses différents personnages et au point final de son récit je ne peux qu’être d’accord avec lui.

Me faire découvrir cette pièce est un des plus beaux cadeaux littéraires que l’on m’ai fait. C’est aussi une sorte de douleur que je trimballe encore avec moi. La preuve, je l’ai lu il y a de cela plus d’un mois et je viens seulement de réussir à poser des mots dessus. Alors je crois que je vais laisser passer un peu de temps avant de lire ” Littoral ” ” Forêt” et “Ciel”. J’ose même pas regarder en entier ( oui de temps en temps je me laisse aller à quelques passages) l’adaptation cinématographique qui passe en ce moment sur Canal + qui pourtant paraît il est un chef d’oeuvre.

Petite aparté : Quelques mots sur l’auteur tout de même. Ce grand monsieur a, à son actif, plusieurs pièces, de grandes mises en scènes et des romans. Il est particulièrement connu pour avoir été au coeur d’une polémique l’année dernière en proposant un rôle dans sa dernière création à Bertrand Cantat au Festival d’Avignon.  Ce parti pris lui a été reproché. Ma position sur le sujet est tellement variable que je ne m’essaierai pas à la l’expliquer aujourd’hui. Peut être une autre fois où je serai plus en verves. Mais Wajdi Mouawad lui s’est exprimé sur le sujet. Au travers d’une lettre à sa fille qui résume à elle seule son talent et sa sensibilité. Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de la lire, un petit clic par ici 

Derrière ce titre  il y a un homme qui se cache. Gilles Ségal

Un écrivain comme on rencontre peu. Qui au travers de peu de pages, arrivent à vous embarquer pendant plusieurs heures/jours.

Vous trainez avec vous ses phrases. Vous les entendez encore chanter alors que vous déjeunez, prenez votre douche, le métro…

Le sujet n’est pas gai, soyons francs. Un trajet en train en direction d’Auschwitz dans les années 40 ça découle jamais sur de la franche rigolade.

Et pourtant. La brièveté du récit peut être. Les moments choisis. L’angle de l’histoire. Tout concordent pour éviter de tomber dans le pathos. Ce qui n’empêche évidement pas l’estomac de se nouer et les yeux de s’embuer mais c’est ammené de telle façon qu’on se demande presque si l’auteur le fait contre son gré.

Et derrière ce livre émouvant et magique il y a un homme qui se cache. Gilles Ségal

Un acteur comme on en rencontre peu. Qui arrive à donner toute son énergie et son émotion à son texte.

Qui vous transporte avec lui, vous ballade dans ses souvenirs, sans artifice juste avec talent.

Et derrière cette magnifique combinaison auteur/acteur il y a un metteur en scène. Jean Bellorini. Dont je vous reparlerai surement.

Un génie de l’espace scénique. Qui vous transporte aussi bien avec un seul acteur sur une scène casi vide qu’avec une dizaine dans un décor pétaradant.

Mais j’y reviendrai plus tard… promis.

En attendant si vous avez un peu de temps ce we… foncez! Parce que ce n’est que jusqu’à dimanche au théâtre Belleville.

Sur la toile

Depuis le temps que j’y pensais.

Depuis le temps qu’on me disait de le faire.

Depuis le temps que les idées attendaient là, bien tapies entre les pages de mes petits cahiers…

Venir poser les mots ici, mes ressentis, mes coups de coeurs, mes coups de sang. Réagir, faire réagir peut être un peu aussi. Trouver quelques explications, quelques clés à mes questions.

Bref…

Me voici donc ici. Pour un peu de temps j’espère. A partager avec vous.

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